Retranscription de l'épisode
Jennifer Lopez “On the 6”
(1999)
EN QUELQUES MOTS
Aujourd’hui, direction le Bronx avec J.Lo ! D’abord danseuse, puis actrice, et maintenant chanteuse, Jennifer Lopez débarque en 1999 avec un premier album qui va changer les règles du jeu. Il s’appelle On the 6, comme la ligne de métro qui relie le Bronx à Manhattan, celle qu’elle a prise toute sa vie pour tracer son chemin.
La pop, le R&B, les rythmes latinos : ces différentes identités, Jennifer Lopez les fusionne toutes dans son premier album, et ça marche ! Ce disque d’une actrice, que personne n’attendait, va rapidement se hisser en tête des charts grâce à des titres, que dis-je, des hits comme « If You Had My Love », « Waiting for Tonight » et bien sûr « Let’s Get Loud ».
À ce jour, On the 6 s’est vendu à plus de 8 millions d’exemplaires à travers le monde. La petite fille du Bronx deviendra si célèbre que tout le monde l’appellera bientôt J.Lo. Mais comment est-ce que cela s’est vraiment passé ? C’est ce qu’on va vous raconter dans cet épisode !
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Retour en 1999
Voilà pour les 14 titres d’On the 6 ! Il y en a même 16 sur l’édition anglaise, qui comprend notamment une reprise de Diana Ross. Mais ceux qui ont le plus de chance, ce sont les fans latinos, qui ont droit à une version toute en espagnol, ou presque, de l’album. Ay, caramba !
L’album sort le 1er juin 1999 en CD et en cassette sur le label Work Group, distribué par Sony Music. C’est intéressant parce que, paradoxalement, c’est le succès d’On the 6 qui va entraîner la chute de ce petit label ! À cause d’une histoire de pognon entre les fondateurs du label et Sony, leur maison mère… Bref.
En 1999, les radios américaines ont leur révélation de l’année, et elle s’appelle Ricky Martin. Sa performance aux Grammys sur « La Copa de la Vida » fait l’effet d’une bombe : il y a des percussions, des danseurs sur échasses, des hanches en feu. Le lendemain, le grand public américain découvre qu’il existe des artistes latinos. Et l’industrie s’en empare. Tommy Mottola, chez Sony, signe immédiatement Ricky Martin, et propulse Marc Anthony et Jennifer Lopez dans les charts en quelques mois. On appelle ça la « Latin Explosion ». Tommy Mottola lui-même admettra plus tard : « Il n’y a jamais vraiment eu de Latin Explosion, mais on s’en est servi pour prendre un avantage gigantesque. » C’est bien trouvé, c’est bien Tommy.
1999, côté musique, c’est une année de dingue. Dans les bacs en même temps qu’On the 6, il y a Supernatural de Santana, Enrique d’Enrique Iglesias, le Ricky Martin éponyme, le Marc Anthony éponyme. Sans oublier 2001 de Dr. Dre, The Slim Shady LP, et les albums de TLC, Lauryn Hill et Destiny’s Child. Le Billboard 200 n’avait jamais vu autant de diversité à la fois.
La story de Jennifer Lopez
Manu : C’est plutôt à Greg que je pose d’habitude cette question, mais où est-ce que tu nous embarques aujourd’hui, Olivia ?
Olivia : Je vous emmène au cœur du quartier du Bronx, à New York ; et même sous le Bronx. Parce que l’histoire d’On the 6 commence dans une rame de métro. Le train numéro 6 relie le Bronx à Manhattan. C’est cette ligne que Jennifer Lopez prend adolescente pour rejoindre ses cours de danse et ses auditions. Ce trajet devient le symbole de son ascension sociale et artistique, au point que ce sera le titre de son premier album. Il ne s’agit pas ici d’un titre conceptuel, mais plutôt d’un souvenir physique : une ligne droite entre deux mondes.
Dans son autobiographie True Love, Jennifer Lopez évoque la fascination qui l’habite enfant devant les comédies musicales qu’elle découvre à la télévision : « Je voulais faire ce qu’ils faisaient là-haut. »
Le métro devient alors la passerelle entre le Bronx réel et le monde imaginaire de l’écran. Mais revenons un peu en arrière.
INSERT — Sly & The Family Stone, « Everyday People »
https://www.youtube.com/watch?v=3JvkaUvB-ec
Jennifer Lynn Lopez naît donc en 1969 au cœur du quartier du Bronx, dans une famille portoricaine de classe moyenne modeste. Son père est technicien informatique, sa mère institutrice. La petite Jennifer fait ses études dans des écoles catholiques. Chez les Lopez, la discipline est stricte, la réussite scolaire obligatoire, et l’ascension sociale passe par la stabilité. Mais Jennifer danse. Elle suit des cours dès l’enfance : ballet, jazz, flamenco. La danse est d’abord une activité parascolaire, mais elle devient rapidement une obsession.
Ses parents ne voient pas ça comme une carrière « sûre » et l’aiguillent plutôt vers des études universitaires. Après un semestre, Jenny quitte la fac pour devenir danseuse. Ses parents sont furieux : ils considèrent sa décision comme, je cite, « une idée stupide et risquée », car aucune Latina n’a ouvert ce chemin à Hollywood.
Manu : Alors la jeune Jennifer, qui croit fort en ses rêves, quitte la maison.
Olivia : La légende raconte que pendant un temps, elle dort dans un studio de danse. Ce détail est essentiel : la trajectoire de Jennifer Lopez n’est pas celle d’un produit fabriqué.
Manu : On est loin de l’image ultra-maîtrisée qu’on a d’elle aujourd’hui.
Olivia : Exactement. L’image viendra plus tard. D’abord, il y a la survie dans cette industrie où être une femme issue de l’immigration n’ouvre pas exactement toutes les portes. Au début des années 90, elle enchaîne les castings. Elle obtient un petit rôle dans un film à petit budget, My Little Girl, en 1987. Après des mois d’auditions pour des rôles de danse, Jennifer Lopez est sélectionnée comme danseuse pour des clips de rap, puis pour la tournée des New Kids on the Block.
La percée arrive en 1990 avec le comedy show In Living Color, un peu l’équivalent du Saturday Night Live en version hip-hop. Elle déménage à L.A. et devient l’une des « Fly Girls », la troupe de danse qui accompagne sketches et performances musicales. C’est sa première visibilité nationale. Peu de temps après, Jenny est castée pour apparaître dans quelques clips, comme « Hurt Me! Hurt Me! » de Samantha Fox ou « That’s the Way Love Goes » de Janet Jackson. Rien que ça :
INSERT — Janet Jackson, « That’s the Way Love Goes »
https://www.youtube.com/watch?v=2b_KfAGiglc
Mais Jenny en veut plus. Elle veut poursuivre une carrière d’actrice ; une décision plutôt risquée, car elle abandonne un emploi stable de danseuse dans un milieu où les opportunités sont rares.
Manu : Ses débuts au cinéma sont plutôt modestes : elle finit par décrocher quelques seconds rôles dans des films que tout le monde a déjà oubliés. En fait, Hollywood ne sait pas quoi faire d’elle.
Olivia : Mais en 1997, Jennifer Lopez finit par décrocher un rôle aux côtés de Jack Nicholson dans le thriller Blood and Wine. Hélas, c’est un échec commercial. La même année, elle joue dans Anaconda aux côtés d’Ice Cube, Jon Voight et Owen Wilson. Puis elle obtient enfin un rôle principal dans Selena, un biopic consacré à la chanteuse tejano Selena Quintanilla.
INSERT — Jennifer Lopez: Halftime (Netflix, 2022)
https://www.netflix.com/title/81031929
Un présentateur télé : « Selena est un film à la fois divertissant et émouvant, porté par une Jennifer Lopez absolument lumineuse, une exubérance scénique qui a conquis des millions de fans. »
Un réalisateur : « Oui, c’est sans aucun doute une future star. Elle est tout simplement envoûtante dans ce rôle. »
Olivia : Selena, c’est le film qui change tout. Jennifer Lopez devient la première actrice latina à se faire payer un million de dollars pour un rôle principal. Mais surtout, elle prouve qu’une actrice d’origine latino peut porter un film grand public, ce qui était impensable à l’époque. Le succès critique et public installe Jenny comme nouvelle figure hollywoodienne. Elle enchaîne ensuite Out of Sight avec George Clooney et devient une actrice bankable. Une grande carrière d’actrice s’offre à elle. À ce stade, on peut dire qu’elle a déjà réussi.
Manu : C’est là qu’elle prend la décision la plus risquée de sa carrière : elle se lance dans la musique.
Olivia : Et elle arrive au moment parfait. Nous sommes à la fin des années 90. La visibilité des artistes latinos connaît une ascension formidable dans la pop mondiale. Ricky Martin enflamme les Grammy Awards 1999, Gloria Estefan est une institution, Enrique Iglesias conquiert la radio. Jennifer Lopez comprend que c’est le moment, mais qu’il ne faudrait pas faire un disque « latino » traditionnel, comme certains feraient des disques de chants de Noël. Elle vise une pop mainstream accessible à tous. Elle veut occuper le centre du terrain.
On se retrouve tout de suite après une courte page de publicité.
INSERT — Publicité TV pour la compilation Latino Hits Vol. 2 (INA, 1998)
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/publicite/pub1041746154/latino-hits-volume-2-version-30-secondes
Manu : Elle profite donc de ce « moment » culturel, sans pour autant s’y enfermer.
Olivia : C’est une stratégie autant qu’une intuition. Dans son autobiographie True Love, elle explique avoir toujours refusé de laisser les autres définir ses limites et avoir insisté pour suivre sa propre voix intérieure. Sortir un album pop en 1999, alors qu’elle est une actrice à succès, met directement sa crédibilité en jeu : si elle échoue, elle redevient une actrice qui a tenté sa chance. Si elle réussit, elle change de dimension.
Manu : Nous sommes le 10 avril 1999, et son tout premier single, « If You Had My Love », auquel personne ne s’attendait, va tout casser sur son passage. C’est un véritable séisme pop, qui la classe instantanément numéro 1 du Billboard Hot 100.
Un numéro 1, c’est bien, mais ce n’est pas encore une carrière. Il faut convaincre l’Amérique que l’actrice peut vraiment devenir chanteuse. En 1999, elle passe l’épreuve du feu du direct, sur le plateau du Late Show de David Letterman, avec tout à prouver.
INSERT — Jennifer Lopez, « If You Had My Love », en direct au Late Show with David Letterman (CBS, 1999)
https://www.youtube.com/watch?v=0n3ummSjPyc
Manu : Jenny passe le crash test. Alors quand l’album paraît en juin 1999, le succès est immédiat. Il faut dire que la promo est massive ! Au cœur de l’été 1999, Jennifer Lopez est partout. MTV diffuse ses clips en boucle. Les magazines racontent son ascension. Elle apparaît même dans l’émission d’Oprah avec Ricky Martin pour parler de l’essor de la musique latine.
On est face à un véritable phénomène ! Et les ventes sont spectaculaires : « If You Had My Love » devient le premier single à atteindre simultanément la première place sur trois charts Billboard distincts. Et l’album se vendra à plus de 8 millions d’exemplaires dans le monde. Pour un premier disque, c’est pas mal. Et pour comprendre l’ampleur du phénomène, il suffit de regarder la manière dont l’album est vendu à l’époque. Spots télé, rotation massive, image ultra-maîtrisée : en 1999, Jennifer Lopez n’est plus seulement une artiste, c’est un lancement mondial.
INSERT — Publicité TV pour l’album On the 6 (INA, 1999)
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/publicite/pub1295110042/jennifer-lopez-on-the-6-version-30-secondes
Manu : On the 6, c’est un énorme carton commercial, mais les critiques, elles, restent dubitatives…
Olivia : Et parfois féroces. Entertainment Weekly attribue la note C à l’album, qualifiant sa voix de « tristement ordinaire », et estime que malgré « toutes les sommes investies pour lancer » sa carrière musicale, Lopez apparaît comme « un peu plus qu’une Spice Girl sans relief ». Ce jugement révèle une méfiance persistante : Lopez serait une actrice opportuniste portée par une machine marketing. Mais le public n’a pas ce problème et va la consacrer Queen du nouveau millénaire qui arrive :
Manu : « Waiting for Tonight » devient l’un des hymnes de la fin du millénaire. Clubs, fêtes étudiantes, réveillons de l’an 2000 : la chanson accompagne un moment d’optimisme. Pour toute une génération, ce titre est une capsule temporelle.
INSERT — Jennifer Lopez, « Waiting for Tonight »
En 1999, Jennifer Lopez ne fait pas que dominer les charts : elle devient un véritable phénomène culturel. Aux MTV Awards 1999, Chris Rock fait de son corps l’objet de blagues devant des millions de téléspectateurs. Sa silhouette est désormais un sujet médiatique à part entière. Puis viennent les Grammy Awards 2000 et la fameuse robe verte Versace couleur feuillage, échancrée jusqu’au nombril. L’image devient la photo la plus recherchée sur Internet à l’époque. Ce moment symbolise une transition : Jennifer Lopez cesse d’être une actrice qui chante pour devenir une icône pop globale. On est à l’aube d’une culture visuelle virale.
Manu : J’ai un fun fact d’ailleurs là-dessus. C’est parce qu’il y avait un engouement sans précédent sur Internet pour identifier la robe de J.Lo que Google a développé la fonctionnalité Google Images ! C’est génial, non ? Mais revenons à son ascension fulgurante. Elle a aussi connu quelques zones de turbulence.
Olivia : Le 27 décembre 1999, Jennifer Lopez et son compagnon de l’époque, Sean Combs, plus connu sous le pseudo de Puff Daddy, sont arrêtés après une fusillade survenue devant un club de Times Square, à New York. Ils sont brièvement inculpés pour possession illégale d’arme et recel. Jennifer Lopez est rapidement innocentée. Son avocat affirme qu’elle ne possédait aucune arme et ne cautionne en aucun cas leur usage. Le porte-parole de Puff Daddy déclare qu’elle n’avait « absolument rien à voir avec cette fusillade ». Lui sera renvoyé devant un grand jury à Manhattan. L’affaire fait la une. Certains y voient un risque pour la promotion d’On the 6. Son entourage balaie rapidement les doutes : l’élan est trop puissant, la machine ne s’arrête pas.
Manu : Alors pourquoi cet album reste important aujourd’hui ?
Olivia : Parce qu’il capture un moment charnière. On the 6 raconte une mobilité sociale, culturelle et médiatique. Une artiste latina vise le centre du mainstream sans renoncer à son origine. Une actrice franchit les frontières entre cinéma et musique. Une femme transforme l’hyper-visibilité de son corps en puissance symbolique. Et le titre rappelle toujours le point de départ : elle n’efface pas son Bronx natal. Elle construit son empire dessus et y inscrit son nom. Dans True Love, son autobiographie parue en 2014, Jenny insiste sur l’importance de suivre sa propre voie et de ne jamais laisser les autres fixer vos limites. On the 6 est la démonstration publique de cette philosophie.
Manu : Et cette démonstration ne pouvait avoir lieu qu’en 1999, quand une trajectoire individuelle rencontre les conditions parfaites : la vague latine, MTV au sommet, l’industrie du disque encore toute-puissante, Internet qui commence à fabriquer des mythes en temps réel. Et Jennifer Lopez, 30 ans, décide que ce sera son tour. Elle devient J.Lo.
Et si aujourd’hui les artistes naviguent librement entre cinéma, musique, mode et business, c’est aussi parce qu’un premier album pop, en 1999, a montré que les frontières étaient faites pour être franchies. Avec plus de 75 millions d’albums vendus et des revenus filmographiques estimés à trois milliards de dollars, Jennifer Lopez est considérée comme la plus influente et la mieux payée des artistes latino-américaines. En mai 2012, Jennifer Lopez est élue personnalité la plus influente du monde selon Forbes.
Je vous propose que l’on termine cette chronique avec son show au Super Bowl, en 2020. Une consécration majeure pour la queen J.Lo, qui a déjà tout raflé : elle reprend « Let’s Get Loud » avec sa fille, puis avec Shakira, comme un geste militant pour défendre les droits des Latinos face à Trump ! Une performance qui, en 2026, est plus que jamais d’actualité.
INSERT — Jennifer Lopez et Shakira, « Let’s Get Loud », mi-temps du Super Bowl (2020)
https://www.youtube.com/watch?v=pILCn6VO_RU&t=696s
Et ce show, en 2020, il ouvre une porte. Parce que c’est la première fois de l’histoire que deux Latinas, J.Lo et Shakira, s’emparent de la mi-temps. Pour le manager de J.Lo, c’est, je cite, « insultant qu’il ait fallu deux Latinas pour faire le boulot qu’un seul artiste fait d’habitude ». En 2026, c’est au tour de Bad Bunny de prendre le show, cette fois en solo. Une consécration évidente pour tous les Latinos qui doivent quelque chose à ce soir de 2020. Fun fact : Bad Bunny était déjà là, sur cette scène, en guest de Shakira, comme si la relève se préparait en coulisses 🙂
Manu : Merci Oli pour cette superbe story. Tout ça, c’est l’histoire officielle. La belle histoire. Maintenant, on va faire le sale boulot : écouter ce que personne n’écoute vraiment, les instrus, les influences, ce que l’album dit vraiment quand on enlève le mythe. Greg, t’as ouvert le capot… qu’est-ce que t’as trouvé ?
Le making-of de "On the 6"
Greg : Je l’ai écouté de bout en bout, très attentivement, cet album, et je me suis dit : pas hyper original. C’est un album à clochettes, avec du R&B new jack, du latino, un peu de dance, des ballades, des paroles pas ouf, mais tout est très bien produit et parfois même entraînant.
Alors j’ai voulu remettre l’album dans le contexte de l’époque, et j’ai eu des flashs de clips MTV de Ricky Martin, de Shakira, d’Enrique Iglesias et de J.Lo… Mince, mais en fait, j’ai subi une vague latine sans m’en rendre compte à cette époque. Pourquoi ? Comment ? Qui a fait ça ? D’où vient le péché originel ? J’ai donc mené ma petite enquête, et j’ai trouvé des suspects.
INSERT — Ricky Martin, « María »
Ricky Martin : né à Porto Rico, premier album pop-rock en 1991. En 1995, il nous sort « María », un mix de musique portoricaine et d’eurodance à la sauce Macarena.
INSERT — Shakira, « Whenever, Wherever »
Shakira : née en Colombie. Après un premier album très pop-rock en 1991, qui lui vaut le surnom d’« Alanis Morissette colombienne », elle ajoute petit à petit des influences latines, orientales et dance, pour enfin exploser en 2001 avec « Whenever, Wherever ».
INSERT — Enrique Iglesias, « Bailamos »
Enrique Iglesias : né à Madrid, fils de son père, il commence à chanter du pop-rock en 1991 et nous sort en 1999 « Bailamos », une fois de plus de la pop dance latine.
Donc voilà : de 1991 à 1999, nos trois amis ont la même carrière rock, et ils vont exploser avec leurs chansons tropicales en anglais. Notre Jennifer, elle, va arriver la même année, mais c’est son premier album… Elle arrive donc après tout le monde. Sur ce point, on pourrait dire suiveuse : elle n’a pas dix ans de carrière dans les pattes.
Manu : C’est quoi alors, la recette de ce son latino ? Comment on crée un tube latino ?
Greg : Pour faire des tubes latinos à la fin des 90s, c’est très simple : il faut mélanger des musiques actuelles avec des sonorités d’Amérique latine ou des guitares espagnoles, et chanter un peu en espagnol, mais pas trop, sinon tu ne vends pas aux États-Unis. Je vous décortique ça pour un morceau un peu club tropical, genre « Let’s Get Loud ».
INSERT — La maquette de Greg, façon « Let’s Get Loud »
J’ai créé un beat de house avec une 909 pour le côté club. J’ajoute des percus, une clave, des bongos, mais ça peut être des congas, des timbales, et même parfois des castagnettes. Au piano, on utilise des figures classiques de la salsa, le montuno et le tumbao. Des cuivres, trompettes et trombones bien compressés, directement empruntés à la salsa. On ajoute une basse synthé, des instruments électro et acoustiques.
Et puis il y a la voix de Jennifer, avec beaucoup d’effets de style à la sauce sabrosa : des attitudes hip-hop arrogantes, sexy, amoureuses, et une influence latine dans le phrasé. Ce n’est pas une diva : elle chante bien, mais il n’y a pas grand-chose à dire sur sa voix. Ses lignes mélodiques sont assez basiques, pas d’envolées lyriques. Un phrasé influencé par l’espagnol, un peu de sabor.
Voilà à peu près la secret sauce d’un morceau latino. Mais il faut savoir que cette recette ne date pas de 1999… Alors oui, la salsa est née à peu près dans les années 70, mais là, je vous parle de la pop latina de 1985. Si on allume la radio à cette époque-là, à Miami et partout dans le monde, on peut entendre ça. Je vous invite à chercher les similitudes.
INSERT — Miami Sound Machine, « Conga »
Boîte à rythmes et percus latines, trompettes, timbres de voix… Et devinez quoi ? Ce sont Gloria et Emilio Estefan, du Miami Sound Machine, qui avaient écrit « Let’s Get Loud », mais comme ils trouvaient que ça ressemblait trop à ce qu’ils avaient fait avant, eh bien ils ont refourgué la chanson à Jennifer Lopez ! La boucle est bouclée, on a trouvé le péché originel, on peut passer à autre chose.
Manu : Et Jennifer Lopez dans tout ça, est-ce qu’elle suit exactement la même recette que Ricky, Shakira, Enrique ? Elle a les mêmes cartes en main ?
Greg : Alors oui, mais le cas de Jennifer est un peu différent : elle n’a pas la méga latin street cred, parce qu’elle est née dans le Bronx, elle parle espagnol avec un léger accent, à la maison elle écoute du rap et du R&B, et elle débute sa carrière en dansant aux côtés de MC Hammer, Janet Jackson et Puff Daddy.
Mais ce n’est pas plus mal, parce que ça peut créer une secret sauce pour J.Lo : faire un album « urbain » et saupoudrer le tout d’éléments sonores latinos pour faire de la « Latin soul ». D’un côté, ça permet de surfer sur la vague latino ; de l’autre, ça permet de redonner un petit coup de fouet au R&B à clochettes, qui commence à s’essouffler.
Manu : Mais alors Greg, dans tout ça, on a la vague latine, on a la recette, on a Jennifer Lopez avec son profil un peu particulier… Qui va tirer les ficelles ? Qui va s’occuper du cas Jennifer Lopez ?
Greg : C’est le big boss de Sony pendant les 90s. Il ressemble à Berlusconi, il s’est marié avec Mariah Carey, il s’est embrouillé avec Michael Jackson, il a signé Shakira, Ricky, Marc Anthony, mais aussi Céline et plein d’autres gens… Son nom, c’est Tony Montana… Euh, pardon pour le lapsus : Tommy Mottola. On l’imagine tout en haut de la tour Sony à New York, en train de superviser ceux qui vont lui rapporter beaucoup de pognon, notamment J.Lo.
C’est lui qui a l’idée de faire chanter tout ce petit monde en anglais ! C’est lui qui choisit l’équipe, les compositeurs, il choisit même les chansons pour J.Lo : bref, c’est le parrain. On sent que le projet est « too big to fail », et quand on lit les crédits, on le comprend assez vite.
Manu : Oui, c’est sûr, on s’imagine que ce n’est pas un album de home studio, mais il y a vraiment beaucoup de monde qui bosse dessus ?
Greg : Il y a 16 producteurs, réalisateurs, compositeurs, beatmakers, vous les appelez comme vous voulez, pour un total de 14 chansons. Il y a 50 musiciens qui ont enregistré. Il y a 38 ingénieurs du son pour l’enregistrement, le mixage et le mastering. J’ose même pas imaginer ce qui se passe du côté management, médias et business. Ça doit être incommensurable.
Manu : Ça met la pression ! Alors maintenant, il faut quand même pondre un album. Et là, la stratégie est claire : on ratisse le plus large possible.
Greg : C’est une bonne stratégie marketing, on peut le dire. Donc ils vont multiplier les styles. Je vous ai déjà parlé de Gloria Estefan, qui a composé « Let’s Get Loud » pour le côté méga latino ; il y a aussi son mec de l’époque, Puff Daddy, qui va lui faire le morceau « Feelin’ So Good », méga hip-hop Bad Boy Records. Et puis on a aussi trois reprises dans trois styles différents.
La reprise gipsy :
INSERT — Gipsy Kings, « Love & Liberté »
En épluchant les crédits, je vois le nom Reyes. Et Reyes, c’est le nom de famille de plusieurs membres des Gipsy Kings. La version de J.Lo est évidemment réorchestrée.
On enchaîne direct avec la reprise de la ballade italienne :
INSERT — Aleandro Baldi, « Non amarmi »
Celle-là, je ne m’y attendais pas trop. Les Italiens sont forts en ballades, Laura Pausini, Andrea Bocelli, Eros Ramazzotti, c’est l’héritage de l’opéra : intro douce, montée en puissance, refrain explosif… Il y a deux versions de cette chanson, comme si ça ne suffisait pas… Elle est en duo avec Marc Anthony. Je trouve qu’on sent encore carrément la touche italienne, mais en espagnol, on croirait vraiment un générique de télénovela, que ce soit la version salsa ou ballade.
Pour finir, on a la reprise de dance music :
INSERT — 3rd Party, « Waiting for Tonight »
J’étais étonné d’apprendre que c’était une reprise. Ils ont quand même rajouté un bongo au début, histoire de dire… Petit gimmick en contretemps qui rappelle Everything but the Girl.
Manu : Ah, c’est marrant, je pensais pas qu’il y avait autant de reprises bâtardes ! Mais pour le côté R&B new jack, ça, ce n’est pas de la reprise, non ?
Greg : Non, et d’ailleurs c’est sa touche… Et quand tu veux faire du R&B à clochettes et que t’as un budget illimité, eh bien tu prends le meilleur : Rodney Jerkins, alias Darkchild. Je me demande si le mec n’a pas carrément inventé les clochettes… En vrai, c’est son mentor Teddy Riley qui les a inventées. Je vous ai fait un medley du gars, et vous allez comprendre la filiation. C’est un style qu’on a déjà décrit dans Radio K7, mais là, on va pouvoir sentir sa patte.
INSERT — Medley Rodney Jerkins (Darkchild)
« If You Had My Love » ne fait même pas semblant d’être latino ! Pas un bongo ni rien, juste de la clochette. En revanche, sur le titre « It’s Not That Serious », il va réussir le défi de mélanger son R&B avec du latino à montuno, pour de vrai, et il le fait très bien.
Manu : C’est un album très riche, il y a plein de styles. Est-ce qu’on peut dire que c’est un album avant-gardiste, ou c’est du réchauffé ?
Greg : Bah, un peu des deux : il y a des trucs inventifs et des trucs très cucul. Mis à part le dernier morceau de Jerkins que je vous ai fait écouter, qui est une véritable fusion R&B-latino, les autres titres, même s’ils sont très différents les uns des autres, ce n’est pas une révolution. D’ailleurs, l’album aurait pu marcher même sans les touches latinas. À part certains morceaux, c’est souvent une petite épice qu’ils rajoutent en plus, je trouve.
En tout cas, ça sent quand même très fort le beau produit marketing. Mais ce n’est pas forcément une critique, parce qu’avec des grosses équipes pleines de talents, tu atteins des niveaux de réalisation qui peuvent vraiment créer des choses. Perso, pour J.Lo, je pense qu’elle était au bon endroit au bon moment, elle a rencontré les bonnes personnes et elle avait les qualités qu’il fallait pour ça, sans non plus être une artiste hors du commun avec une vision et un univers. Mais avec une industrie derrière, ça fait la job quand même.
Manu : Merci Greg pour tes recherches ! Moi, j’ai envie de dire que On the 6, c’est le laboratoire. La formule pop-R&B avec une épice latina : tout ça sera peaufiné et poussé encore plus fort sur le deuxième album. Cet album, il va s’appeler J.Lo, parce que c’est comme ça que la surnomment les fans, ce n’est pas une invention marketing. Et d’ailleurs, le nom dit tout : à ce stade, Jennifer Lopez n’est plus seulement une actrice qui chante, elle est devenue un personnage, une marque. Mais avant d’y arriver, il y a un pan entier de l’album qu’on n’a pas encore abordé : celui de l’image. Et c’est là que toi, Fanny, tu entres en scène.
L'univers visuel de Jennifer Lopez
Fanny : Commençons par la pochette d’On the 6. On l’a vu, à ce moment-là, Jennifer Lopez est déjà une actrice à succès, mais aujourd’hui, elle veut s’imposer comme une star de la musique. Pour mettre en œuvre ce virage à 180°, on trouve deux noms de chez Sony Music : le directeur artistique Christopher Austopchuk et le graphiste Julian Peploe, qui vont s’occuper du design de l’album. Et puis ils décident de donner sa chance à un photographe inconnu : Tony Duran. C’est son premier contrat payé, mais un contrat qui va changer sa carrière pour toujours, puisqu’il restera ensuite le photographe fétiche de J.Lo, avant de bosser pour Beyoncé, Alicia Keys, Kelly Clarkson ou encore Brad Pitt. Bref, un photographe de mode, qui sait rendre les gens glamour, on ne lui en demande pas plus.
Sur cette pochette, on voit Jennifer agenouillée sur un canapé blanc, le visage penché, la bouche entrouverte, les cheveux savamment décoiffés. Elle porte un pull beige qui laisse apparaître son ventre, et un mini-short lamé or, oserais-je dire un poom poom short : oui, les fans de Nuttea ont la réf. Le fond est noir, presque minimaliste, il n’y a aucun détail qui vient perturber le regard : toute l’attention se porte sur Jennifer. Son nom est inscrit dans une police condensée, discrète et toute en minuscules. Le titre de l’album, On the 6, est écrit en lettres blanches dans le coin gauche, avec une typo manuscrite, comme une note griffonnée sur un carnet. C’est vraiment élégant.
Ce qui est intéressant, c’est que cette pochette, c’est le début de tout. C’est la première fois que Jennifer Lopez se donne à voir comme une artiste musicale, et pas seulement comme une actrice. Elle assume son côté sensuel, mais elle montre aussi une forme de vulnérabilité. Comme si, avec cette pochette, elle nous disait : « Voici qui je suis, je me dévoile à vous. »
Manu : C’est intéressant ce que tu dis sur la vulnérabilité, parce qu’on a quand même affaire à une femme qui vient de faire Selena, Money Train, Anaconda… Elle aurait pu jouer la carte de l’actrice bankable qui fait un album en passant. Là, c’est vraiment autre chose. Est-ce que cette construction d’image, on la retrouve dans le reste du livret ?
Fanny : Oui, dans le livret, on reste dans l’épure au niveau graphique : il y a assez peu de couleurs utilisées, du blanc, du noir et du brun sépia. On a une double page avec une photo de la ligne 6 du métro new-yorkais en fond, avec les paroles et les crédits par-dessus, et puis le reste, ce sont toutes des photos de J.Lo prises par Tony Duran. Comme un édito de magazine de mode, avec une équipe de stylistes, maquilleurs et coiffeurs qui sont crédités.
Ces photos explorent toutes cette image d’une femme épanouie, souriante, bien dans sa peau, qui assume sa féminité. Pleine d’assurance, mais en même temps douce, qui porte des talons aiguilles sexy mais reste une meuf simple et accessible. Franchement, n’importe quel hétéro voyant ces photos voudrait l’épouser direct, et n’importe quelle jeune femme la prendre pour role model. Dans un genre finalement très similaire à la Madonna de Ray of Light, en un peu moins écrasante. En gros, ce premier album pose les fondations de l’image qui sera développée par la suite, quand elle chantera « I’m Real » en 2001 ou « Jenny from the Block » en 2002 : celle d’une meuf vraie, authentique.
Manu : Donc le livret comme une déclaration d’intention, presque un manifeste visuel. Et le clip du premier single, il suit la même logique ou il joue un autre rôle ?
Fanny : Figure-toi que pas du tout ! Je pense qu’avec ce clip, les enjeux sont différents. On n’est plus dans une image fixe en 2D : ici, J.Lo doit montrer de quoi elle est capable, niveau chant et niveau danse. « If You Had My Love », c’est le premier single de l’album, donc il faut frapper fort.
INSERT — Jennifer Lopez, « If You Had My Love »
Ce clip, honnêtement, je l’avais complètement oublié… Et en le revoyant, j’ai été frappée par sa capacité à capturer ce que les philosophes allemands appellent le zeitgeist, c’est-à-dire l’esprit de l’époque. Pour replanter le décor, 1999, c’est l’aube d’Internet, mais c’est aussi l’année où apparaît un nouveau genre de télé-réalité, avec le lancement de Big Brother en Hollande.
Et le clip d’« If You Had My Love », réalisé par Paul Hunter, joue avec cette idée de surveillance et de connexion virtuelle. On y voit Jennifer Lopez, vêtue de blanc, seule dans une maison ultra-design un peu futuriste, filmée et retransmise en direct sur Internet par des dizaines de caméras. Elle sait qu’elle est filmée : c’est l’inverse du Truman Show avec Jim Carrey, qui était d’ailleurs sorti au ciné juste un an auparavant. Donc elle sait qu’elle est épiée, et elle se donne en spectacle. Elle chante, elle minaude, elle se regarde dans le miroir… avant de se lancer dans une chorégraphie latino très caliente. C’est un mélange de sensualité et de voyeurisme.
Manu : Et ce qui est fort dans ce clip, c’est justement la diversité des gens qui regardent, non ? Le premier plan, c’est un gars seul dans le noir qui clique frénétiquement (on dirait un gros pervers), mais ensuite on a une petite fille dans sa chambre, des copines dans une cuisine, des mécaniciens dans un garage… Comme si tout le monde avait sa place dans l’audience de J.Lo.
Fanny : Ouais, le clip anticipe les dérives du voyeurisme en ligne, juste avant Loft Story en France, et bien avant les réseaux sociaux. Jennifer Lopez, ici, assume son pouvoir : elle est à la fois l’objet du regard et celle qui le domine. C’est une métaphore de la façon dont elle va devenir une icône mondiale : tout le monde la regarde, tout le monde la désire.
Le plus ouf, c’est que ce clip a même anticipé l’ère des influenceurs. Jennifer Lopez s’y montre comme une star à qui on a accès via un écran, une préfiguration des lives Instagram et TikTok. C’est ultra-moderne pour l’époque, et je pense que ça a vraiment marqué les esprits.
Et puis, dernier fun fact : dans le rôle du voyeur, on reconnaît Adam Rodriguez, encore inconnu à l’époque, mais qui deviendra l’un des acteurs phares des Experts : Miami et de Magic Mike. Il est assis devant son écran, dans une pièce sombre, à cliquer frénétiquement pour changer de caméra et mater J.Lo jusque sous la douche.
Manu : Ah ah, je savais pas que tu étais fan des Experts ! Alors le clip va cartonner, il tourne en heavy rotation sur MTV et VH1 pendant tout l’été 1999. Et surtout, il propulse Jennifer Lopez au rang de superstar internationale.
Fanny : Ce qui est très marrant, c’est de retrouver les codes vestimentaires de tous ces albums sortis en 1999 qui fantasmaient le passage à l’an 2000. On a vu ça notamment dans nos épisodes sur les Backstreet Boys et Destiny’s Child. Ils sont tous habillés en blanc, comme une sorte de résurgence du Space Age des 60s, mais à la sauce Y2K, comme on dit maintenant.
Ici, dans la construction de l’image de Jennifer Lopez chanteuse, évidemment, rien n’est laissé au hasard. Elle a une styliste attitrée, Andrea Lieberman, qui fait tout pour qu’elle incarne une féminité à la fois puissante et accessible. Dans ses clips, J.Lo porte des tenues qui sont devenues cultes : pantalon taille basse sur les hanches, crop tops ou haut de bikini blanc, talons aiguilles, sans oublier toujours une paire de créoles aux oreilles. Et puis le plus gros changement, c’est aussi sa coupe de cheveux. Jusqu’ici, Jenny était une brunette latino aux cheveux bouclés. Et à partir de l’album On the 6, elle adopte la coupe qu’elle porte encore aujourd’hui : des cheveux longs lissés et un balayage blond miel.
Là, je m’adresse à toutes les meufs qui m’écoutent, parce que si vous lisiez la presse féminine à l’époque, vous savez très bien d’où vient cette inspiration : c’est évidemment la coupe de Jennifer Aniston dans la série Friends. Un truc qu’on nous a rabâché pendant des années, qui porte même un nom : la coupe Rachel. Moi, ado à cette époque, ça a été une source de gros complexes, parce que j’ai les cheveux bouclés et qu’à la fin des 90s et au début des années 2000, il n’y avait absolument aucune représentation de stars avec des cheveux bouclés. C’était la grande époque du fer à lisser : Buffy, Britney, J.Lo, Gwyneth, Christina, Mary J. Blige, même Céline fucking Dion, elles étaient toutes blondes avec des cheveux raides comme des baguettes. Je leur dis pas merci, putain !
En plus, imaginez-vous en 2000, quand J.Lo se raboule sur le tapis rouge des Grammy Awards avec son iconique robe verte Versace décolletée jusqu’au nombril, à une époque où toi, tu as à peine le bout d’un nichon qui pousse dans ta brassière Petit Bateau. Franchement, ça a de quoi filer les boules. On nous a quand même vendu des modèles féminins un peu inatteignables quand on était ados, non ? Vous en pensez quoi ? Parce que quoi qu’on fasse, on l’aura jamais, le boule de J.Lo !
Manu : Donc finalement, ce que tu nous décris, c’est une construction d’image qui était déjà quasiment parfaite dès le premier album. La pochette, le livret, le clip, la coupe de cheveux… Tout ça formait déjà un tout cohérent. Bon, toi, tes cheveux bouclés ont survécu à l’époque du fer à lisser, c’est déjà une victoire. Merci Fanny !
À PROPOS DE RADIO K7 PODCAST
Chaque mois dans Radio K7 on discute d’un album avec mes copains autour d’une table, parfois avec des invités comme Pénélope Bagieu ou Nicolas Berno. Il y a des chroniques et des débats, on s’interroge sur l’histoire du disque : comment il a été produit, ce qui a fait son succès, et puis finalement ce qu’on a envie d’en retenir 20 ou 30 ans plus tard.
Le 5 janvier 2020, Radio K7 est devenu le premier podcast indépendant sur la musique en France au classement Apple Podcast !
« On veut redécouvrir les 90s, apprendre des trucs et se marrer. »
Manu, Fanny, Olivia et Grégoire

“ Le but de ce podcast c’est de redécouvrir la bande-son des nineties. Parce que c’était celle de notre adolescence, qui a marqué toutes nos premières fois. C’était une période où la musique a commencé à prendre une grande place dans nos vies, avec les groupes qui ont forgé notre identité mais aussi nos plaisirs coupables. “







