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Radiohead “OK Computer” (1997)

EN QUELQUES MOTS

Des guitares, des ordinateurs. On a réécouté Ok Computer de Radiohead et on vous en parle tout de suite.

Nous enregistrons cette émission le 13 février 2019 soit exactement un peu plus de 21 ans après la parution du cultissime Ok Computer.

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Retour en 1997

Voilà pour OK Computer, le 3ème disque de Radiohead sortie le 16 juin 1997 chez Parlophone. A l’époque mais j’étais en… classe de 5ème (oh putain) et je pense que je ne l’ai découvert que l’année d’après, en pleine puberté (rires).

Le making-of de "OK Computer"

Manu : Il y a un truc qui est super intéressant avec ce disque je crois c’est les conditions dans lesquelles il a été enregistré…

Grégoire : Oui Manu parce que blablabla.

L'univers visuel de Radiohead

Manu : je me souviens du clip de Karma Police qui passait en boucle sur Boulevard des Clips sur M6 (séquence émotion), mais surtout il y avait cette pochette incroyable et mystérieuse qui m’a vraiment marqué. J’avais photocopié l’artwork pour le mettre en couv de mon cahier des textes, et j’ai gardé pendant des années le poster dans ma chambre sans parvenir à la décrypter. Fanny je crois que toi tu y es arrivée !

Fanny : Oui, décrypter, tant bien que mal ! On va essayer. Déjà redonnons le contexte: cette pochette, c’est l’artiste anglais Stanley Donwood qui l’a réalisée avec l’aide de Thom Yorke. Depuis l’album précédent The Bends, en 1995, Donwood a créé tous les artworks de Radiohead, plus ceux des projets solo de Thom Yorke et de Jonny Greenwood : une équipe qui gagne.

Pour OK Computer, Yorke et Donwood ont travaillé sur du matériel à l’époque à la pointe de la technologie : c’est à dire un des premiers Macintosh, avec une tablette graphique et un bon vieux stylet. Les deux se sont fixé pour contrainte de n’effacer aucun trait, aucune rature. C’est l’interdiction du « pomme Z », et ça donne un résultat plutôt réussi. Visuellement, à quoi ça ressemble? On a un format carré, dans des tonalités glaciales, avec du blanc, du gris et du bleu clair. L’idée c’était obtenir selon eux « une couleur proche d’un os passé à la javel » et d’illustrer à travers les différents collages numériques quelques uns des thèmes les plus funs de l’album tels que la déshumanisation de la société, ou encore la méfiance face à l’ère du numérique.

L’image qui occupe la majeure partie de la composition nous montre un embranchement d’autoroute. En haut à droite de la pochette, on a des silhouettes en surimpression, deux personnages avec écrit « lost child » en dessous, une croix noire sur fond bleu, des flèches rouges, un détail de ce qui ressemble au nez d’un avion, et plein de petits traits verticaux dessinés à la main qui donnent une patte un peu plus artisanale à l’ensemble. Dans le coin gauche, on a le nom du groupe et le titre de l’album inscrits en lettres majuscules, une typo noire très simple, sans fioritures.

Au dos de la pochette, on peut voir un dessin bleu foncé dans la partie basse, qui représente les couloirs d’une gare avec des escalators et des dizaines de petites personnes qui courent dans tous les sens pour aller prendre le train. L’espace autour de ce dessin est entièrement griffonné en blanc, avec bien sûr dans le coin gauche la liste des morceaux notée dans un encadré noir.

Que ce soit sur la pochette, ou dans le livret intérieur, on trouve tout un tas de pictogrammes signalétiques et des séries de chiffres bizarres. La mise en page des paroles est totalement inhabituelle, la syntaxe, l’orthographe des remerciements sont inhabituels, les crédits sont annotés en esperanto, çà et là on trouve des instructions de santé en grec ou en anglais, l’ordre des lettres dans les mots est alterné. Et comme si ça ne suffisait pas, il semblerait qu’il y ait des dessins cachés dans les paroles des chansons du fait de l’espacement des mots.

Manu : Fanny, on s’arrête là, c’est Da Vinci code ton truc.

Ok, mais sache que ce design alimente les rumeurs les plus folles depuis toujours !

A côté de ça, j’avais aussi envie de revenir sur le clip dont tu parlais tout à l’heure, Manu, celui de Karma Police

INSERT SONORE / https://youtu.be/1uYWYWPc9HU 0  »26 à 0 »45 (shunter le son au bout de 10 secondes)

C’est avec cette vidéo que j’ai vraiment découvert Radiohead, lors d’un cours de ciné à la fac dédié à David Lynch. On était au début du semestre et là, la prof nous fait un exposé sur le clip de Karma Police, en le mettant en parallèle avec la séquence d’ouverture du film Lost Highway. Chez Lynch, on peut voir un plan nocturne d’une route parcourue à toute vitesse par une caméra en vision subjective. La bande son, c’est un morceau de David Bowie que j’adore, « I’m deranged ». Début 97, le réalisateur du clip, Jonathan Glazer, assiste à l’avant-première du film, reste scotché par ce générique, avant de s’endormir pendant le reste du film, le malheureux ! Point positif, ça lui inspire le scénario du clip : une voiture dont nous, spectateurs, sommes le conducteur poursuit un homme sur une route de campagne déserte. L’homme n’arrête pas de courir, on s’attend à ce qu’il se fasse écraser. C’est l’angoisse ! A l’intérieur de l’habitacle rouge écarlate, Thom Yorke, amorphe, est assis sur la banquette arrière. Il récite quelques paroles en slow motion, n’a pas l’air du tout concerné par ce qui se passe dehors. La voiture folle rattrape l’homme, qui s’écroule d’épuisement. Elle s’arrête à ses pieds et finalement recule. Là on voit une traînée d’essence qui se dessine au sol. Paniqué, transpirant, l’homme craque une allumette et la balance par terre. L’essence prends feu, la voiture prend feu et finit par exploser dans un tourbillon de flammes. La filiation avec Lynch était tellement limpide que pour moi, ça a été une claque monumentale.

Visuellement, le clip est magistral. J’ai lu dans une interview que Thom Yorke analysait le truc comme étant une métaphore « pour dire qu’un jour tous vos péchés vous rattraperont ». J’ai donc envie de terminer cette parenthèse clipesque en disant : Amen !

À PROPOS DE RADIO K7 PODCAST

Chaque mois dans Radio K7 on discute d’un album avec mes copains autour d’une table, parfois avec des invités comme Pénélope Bagieu ou Nicolas Berno. Il y a des chroniques et des débats, on s’interroge sur l’histoire du disque : comment il a été produit, ce qui a fait son succès, et puis finalement ce qu’on a envie d’en retenir 20 ou 30 ans plus tard.

Le 5 janvier 2020, Radio K7 est devenu le premier podcast indépendant sur la musique en France au classement Apple Podcast !

« On veut redécouvrir les 90s, apprendre des trucs et se marrer. »

Manu, Fanny, Olivia et Grégoire

“ Le but de ce podcast c’est de redécouvrir la bande-son des nineties. Parce que c’était celle de notre adolescence, qui a marqué toutes nos premières fois. C’était une période où la musique a commencé à prendre une grande place dans nos vies, avec les groupes qui ont forgé notre identité mais aussi nos plaisirs coupables. “